des


des

1. des [ de ]
• de 1. de et les, art. déf. au plur.
Article défini plur. contracté : de les. 1. de. ⊗ HOM. 1. D, dé. des 2. des [ de ]
• de 2. de et les
Article partitif exprimant une partie d'une chose au pluriel. 2. de. des 3. des [ de ] art. indéf.
XIIIe; de 1. et 2. des; a remplacé uns, unes
Article indéfini, pluriel de UN, UNE.
1Devant un nom commun. Un livre, des livres. « des ambulanciers, qui portent des blessés couchés sur des civières » (Malraux). REM. Dans l'usage soutenu, des est remplacé par de devant un adj. (elle a de petits pieds) sauf si celui-ci fait corps avec le nom (il mange des petits-pois).
2Devant un nom propre (qui prend la valeur d'un genre) « Quand un pays a eu des Jeanne d'Arc et des Napoléon » (Maupassant).
3Fam. Devant un nom de nombre (même devant un), avec une valeur emphatique. Il soulève des cinquante kilos comme un rien. « Il y a des endroits où vous avez jusqu'à des un mètre, un mètre cinquante d'eau » (Romains).

des article défini (contraction de de les) Article défini masculin et féminin pluriel : Les cris des enfants. Les trottoirs des avenuesdes (homonymes) article défini (contraction de de les) d nom masculin invariabledes article indéfini Pluriel de un, une : Acheter des livres. Manger des pommes.des (homonymes) article indéfini nom masculinun, une, des article indéfini singulier (de un) Déterminant indéfini d'un groupe nominal dont il indique le genre et le nombre : Un homme passe dans la rue.

de, d', du, des
Prép. (d'; devant une voyelle ou un h muet; du, contraction de de le; des, contraction de de les).
rI./r La préposition de exprime des rapports, extrêmement nombreux à partir du sens fondamental, d' origine, de point de départ, et notam.:
d1./d Le lieu (départ, séparation, extraction, provenance). Venir de Toulouse. Tenir une nouvelle de qqn. Natif du Gabon.
(éloignement) C'est à cent mètres de chez moi.
|| (Particule nobiliaire.) Madame de Grignan.
d2./d L'intervalle de temps (de... à...). Du matin au soir.
|| La durée. De jour, de nuit: pendant le jour, la nuit.
d3./d Le cheminement, la progression, la répétition, l'intervalle (de... en...). épidémie qui s'étend de jour en jour. Relais disposés de place en place.
d4./d La cause. Mourir de faim. être fou de rage.
|| (Introduisant une propos. à l'indic. ou au subj.) Il est triste de ce que vous ne lui écrivez (ou écriviez) plus.
d5./d La manière. Rire de bon coeur. Citer de mémoire.
d6./d L'instrument, le moyen. Coup de bâton. Signe de tête. Suivre des yeux.
d7./d La mesure. Un navire de cent mètres. Un enfant de six mois.
d8./d L'auteur, l'agent. Le crime de l'assassin. "L'énéide" de Virgile.
|| (Introduisant le complément d'agent d'un verbe au passif.) être vu de tous.
rII./r De peut marquer également:
d1./d Un rapport de possession ou assimilé à la possession. Le livre de Paul. Un bien de famille. La beauté d'une femme.
d2./d Le rapport de la partie à l'ensemble. Le quart de la somme. Le reste du temps.
Du contenant au contenu. Un panier de cerises.
D'une chose aux éléments ou à la matière dont elle est faite. Une colonne de marbre.
d3./d La qualité. Un homme de génie.
|| La condition, la profession. Un homme de lettres.
|| La catégorie, l'espèce. Une robe du soir. Un chien de race.
d4./d La destination, l'emploi. Salle de spectacle.
rIII/r Enfin, de s'analyse comme un mot-outil de sens neutre.
d1./d Devant l'objet d'un v. tr. indir. Médire de qqn.
d2./d Devant les adjectifs, participes passés, adverbes en relation avec certains pronoms. Quelqu'un de bien. Rien de tel.
d3./d Devant un infinitif sujet ou complément. D'y retourner ne vous donnerait que du regret. Il est fâcheux de ne pas s'entendre. Arrêtez de courir.
d4./d Devant l'infinitif de narration. Et moi de rire encore, et lui de crier de plus belle.
d5./d Devant l'attribut de l'objet des verbes taxer, traiter, qualifier. Traiter qqn de voleur.
d6./d Dans les appositions. La ville de Nantes. Ce fou de Rameau.
d7./d Dans certaines locutions figées. Comme de juste. à vous de jouer.
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de, du, de la, des
articles partitifs (devant les noms d'objets qui ne peuvent être comptés). Boire du cidre en mangeant des crevettes et de la dinde.
(Abstrait) Il y a du vrai dans ce qu'il dit.
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des
article
rI./r
d1./d Article déf. pl. contracté (de les). Le catalogue des livres de la bibliothèque. La salle des débats.
d2./d Article partitif. Verser des arrhes.
rII./r Article indéf. (Plur. de un, une). Donner des bonbons à des enfants.
|| (Avec une valeur emphatique.) Il rentre à des une heure du matin.

I.
⇒DES1, voir DE1.
II.
⇒DE2, DU2, DE L', DE LA, DES2, art. partitif.
I.— [L'art. précède des noms désignant des choses qui ne sont pas nombrables, pour indiquer leur prise en considération en tant que telles, sans idée de quantité ni de distinction du déf. ou de l'indéf., étant seulement entendu que ces choses ne sont pas envisagées dans leur totalité]
A.— [L'art. précède un nom concr.]
1. [Le nom concr. au sing. désigne normalement une matière, une substance] Boire du vin, de l'eau; manger du pain, de la soupe. De la neige fondue tombait (A. FRANCE, Hist. comique, 1903, p. 92). La peau des joues, mate, lisse et fine comme de la soie (ROY, Bonheur occas., 1945, p. 12) :
1. Nos ancêtres gaulois, leurs meilleurs clients [des Angles et des Saxons] (comme nous le sommes encore aujourd'hui), leur achetaient, par l'intermédiaire des Romains, des métaux, de la laine et du bois, en échange des armes du Soissonnais, des toiles de Cahors, du vin d'Aquitaine.
MORAND, Londres, 1933, p. 4.
P. méton. [Le nom désigne un adj. substantivé] Regardez-moi qui me démène et qui mâche du grec et de l'hébreu (CLAUDEL, Visages radieux, 1947, p. 761).
[Le subst. peut être accompagné d'un adj.] On lui apprit quelques chapitres du catéchisme, comme on enseigne aux merles à siffler « J'ai du bon tabac » (ABOUT, Nez notaire, 1862, p. 106).
Rem. L'emploi est fréq. dans la tournure il y a. Tiens, tiens! Mais il y a donc du vent? (SARTRE, Mots, 1964, p. 124) :
2. — On va laisser le grand monde se régaler. Après, les jeunes mangeront en paix. Et je vous recommande le dessert : il y a des œufs à la neige, de la crème brûlée, de la tarte à Lafayette, de la tarte à la ferlouche, de la tarte aux noix longues.
GUÈVREMONT, Le Survenant, 1945, p. 120.
2. [La valeur de l'art. est la même]
a) [Si le nom au sing., quoique désignant normalement un obj. nombrable, désigne p. méton. une matière ou une catégorie] Manger du bœuf, du poulet; voir du pays. On tend sa voile, et l'on fait de la route (A. DAUDET, Rois en exil, 1879, p. 434).
b) [Si le nom au plur., quoique désignant des choses nombrables, désigne, en vertu de son usage, une catégorie] Manger des œufs. Ils avaient plaisir à nommer tout haut les légumes : Tiens, des carottes! Ah! des choux! (FLAUB., Bouvard, t. 1, 1880, p. 20).
Rem. Cet emploi est proche de l'emploi de l'art. indéf. plur. des. Il y avait des gâteaux sur la table, avec une bouteille et des verres (ZOLA, Germinal, 1885, p. 1469).
c) [Si le subst. est un nom propre (de pers. ou de chose) empl. p. méton. pour désigner une matière] Monsieur Octave vous conseille du xérès (GIRAUDOUX, Lucrèce, 1944, I, 1, p. 15).
d) [Si le nom au sing. désigne une pers. prise comme symbole d'une qualité ou d'un caractère] :
3. M. Gladstone m'a paru, sous quelques aspects, un homme de génie, sous d'autres un enfant. Il y a en lui de l'enfant, de l'homme d'État et du fou.
MÉRIMÉE, Lettres à une inconnue, t. 2, 1870, p. 268.
En partic. [Avec un nom propre de pers.] Il y avait du Napoléon en lui (A. FRANCE, Vie fleur, 1922, p. 515).
B.— [L'art. précède un nom abstr.]
1. [Le subst. au sing. désigne normalement un type d'activité ou de production] Il y a du travail pour tous; il y aura de la musique. Aussi bien était-ce là de l'histoire ancienne. Il n'avait pas achevé de dire « taisez-vous » que déjà elles n'y pensaient plus (COURTELINE, Train 8 h 47, 1888, 2e part., 7, p. 173).
[Le subst. au sing. ou au plur. peut être un nom d'artiste, d'écrivain, etc., empl. p. méton. pour désigner une production type, une œuvre caractéristique de tel créateur] Jouer du Bach. J'aurais préféré réciter du Baudelaire (GIDE, Geneviève, 1936, p. 1356).
Rem. Si le nom est accompagné de (tout) pur, la tournure signifie la caractéristique ou la ressemblance par la manière, par le style :
4. — N'écrivez pas, lui dit Eugène, enveloppez les billets, mettez l'adresse, et envoyez-les par votre femme de chambre.
— Mais vous êtes un amour d'homme, dit-elle. Ah! voilà, monsieur, ce que c'est que d'avoir été bien élevé! Ceci est du Beauséant tout pur, dit-elle en souriant.
BALZAC, Le Père Goriot, 1835, p. 167.
2. [Le nom abstr. est un subst. sing. désignant normalement une qualité concr. ou abstr. ou son contraire, un sentiment] Faire de la vitesse; avoir du courage. C'est alors qu'il m'avait appris qu'il avait vécu à Paris et qu'il avait du mal à l'oublier (CAMUS, Étranger, 1942, p. 1128).
[La valeur de l'art. est la même]
a) [Si le subst., quoique nombrable, désigne p. méton. une qualité, un sentiment] Avez-vous du souci? (MORÉAS, Cantil., 1886, p. 168).
b) Cf. A 2 d.
c) [S'il s'agit d'un adj. substantivé désignant une qualité ou son contraire] Notre devise doit être en toute circonstance (ne l'oublions jamais!) celle-ci :Du calme!Du calme!Du calme (VILLIERS DE L'I., A., Contes cruels, 1883, p. 240).
d) [S'il s'agit d'un syntagme à valeur subst.] C'est une Peugeot... Du soixante à l'heure, mon bon (H. BATAILLE, Maman Colibri, 1904, I, 2, p. 3).
Rem. 1. L'emploi de l'art. déf. soulignerait l'idée de totalité. De la soie « certains types de soie que je connais », opposé à la soie « toute soie ». 2. Constr. a) Lorsque l'art. introduit un subst. précédé d'un adj. ne formant pas loc. avec lui, il est, dans le style noble et archaïsant, remplacé par de. Et cette tunique était inusable (...). Rabiou était un honnête homme qui craignait Dieu et fournissait de bon drap (A. FRANCE, P. Nozière, 1899, p. 77). Cette constr. reste plus usuelle dans des expr. désignant des habitudes fam. Elle buvait, en ma présence et à mon insu, d' excellent vin avec son mari (BLOY, Journal, 1892, p. 35). b) Devant les loc. subst. où l'adj. est soudé au subst., cette substitution n'a pas lieu. Avoir du bon sens, de la bonne volonté. On lui aurait fait des gros yeux, on ne voulait pas se laisser commander par lui (TRIOLET, Prem. accroc, 1945, p. 386).
II.— Emploi partitif, littér. [Du, de la, etc. précède des noms de chose pour indiquer que les choses désignées sont prises dans une part. de leur quantité totale; il est remplacé par de à valeur partitive]
A.— [Devant un nom concr. déterminé, au sing. ou au plur., par un art. déf., un adj. dém. ou poss.] Vous feriez mieux de nous donner de votre vin de Bordeaux (BALZAC, Goriot, 1835, p. 200) :
5. Je détournai les yeux vers les poiriers et les cerisiers du jardin d'en face pour qu'il crût que c'était leur beauté qui me touchait. Et elle me touchait un peu de la même façon, elle mettait aussi près de moi de ces choses qu'on ne voit pas qu'avec ses yeux, mais qu'on sent dans son cœur.
PROUST, Le Côté de Guermantes 1, 1920, p. 160.
B.— [Devant un nom abstr. déterminé] Elle tâchait de donner à Lazare de son courage (ZOLA, Joie de vivre, 1884, p. 1000).
Rem. L'art. prend la forme de a) après une loc. adv. de quantité indéf. Peu de, un peu de, beaucoup de. Verse-moi un peu de sherry (H. BATAILLE, Maman Colibri, 1904, I, 2, p. 3); b) après une négation. Ne... pas de, point de, plus de, etc. Des étourdissements, comme on dirait des vapeurs, pas de sommeil, pas d' appétit (BERNANOS, Imposture, 1927, p. 484).
Prononc. et Orth. :[], [dy], [de] ds les dict. récents : cf. Pt ROB., Pt Lar. 1968 et Lar. Lang. fr. Pourtant [] ouvert [] ds DUB. et ds WARN. 1968 qui réserve cette prononc. au lang. soutenu. PASSY 1914 admet [e] ou []. Les dict. plus anc. transcrivent []; cf. FÉR. 1768, LAND. 1834, FÉL. 1851 et LITTRÉ. DG comme WARN. 1968 note [] pour l'emphase. On fait la liaison quand le mot qui suit commence par une voyelle ou un h non aspiré : des arômes []; des hommes []. Ds Ac. 1694-1932. On rencontre la forme contractée du au masc. sing. devant consonne : du pain, alors que devant voyelle ou h aspiré il n'y a pas contraction : de l'alcool, de l'hydromel. Il y a également contraction dans tous les cas devant plur. : des rillettes, des ortolans. Étymol. et Hist. Cf. de1, prép. Stat. Voir des3, de3. Bbg. GAATONE (D.). Art. et négation. R. rom. 1971, t. 6, n° 1, p. 2, 12.
III.
⇒DES3, DE3, art. indéf. plur.
I.— [Devant des noms communs]
A.— [Plur. de un, une, pour marquer la pluralité indéf.]
1. [Il peut s'agir d'une indéfinition pure et simple] Des + subst. ou mot substantivé; de, si le subst. est précédé d'un adj. ne formant pas expression avec lui. Des bois sculptés, des marbres, des porcelaines. Tu auras des enfants, je leur apprendrai à nager et à ramer (KARR, Sous tilleuls, 1832, p. 289). Ne viennent plus que des habitués de quartier, de petites gens qui se saluent comme sur un mail de province (ESTAUNIÉ, Ascension M. Baslèvre, 1919, p. 3).
Mais : des grands-pères, des bons mots, des petits pois. Un marchand chinois avait accroché des petits pâtés aux pointes des barbelés (MALRAUX, Cond. hum., 1933, p. 195) :
1. Si l'on vient à songer aux mille formes que prend à Paris la corruption, parlante ou muette, un homme de bon sens se demande par quelle aberration l'État y met des écoles, y assemble des jeunes gens, comment les jolies femmes y sont respectées, comment l'or étalé par les changeurs ne s'envole pas magiquement de leurs sébiles.
BALZAC, Le Père Goriot, 1835, p. 139.
2. [Avec une nuance de précision éventuellement possible, mais intentionnellement non donnée] Synon. certains. Possoz tira une liste de son sous-main, murmura des noms (MALRAUX, Cond. hum., 1933 p. 295) :
2. Des savants prétendent que la chaleur animale se développe par les contractions musculaires, et qu'il est possible en agitant le thorax et les membres pelviens de hausser la température d'un bain tiède.
FLAUBERT, Bouvard et Pécuchet, t. 1, 1880, p. 66.
En partic.
a) [L'indéfinition peut servir à suggérer l'idée d'échantillon d'une catégorie] Deux employés du métro, des garçons très gentils (DABIT, Hôtel Nord, 1929, p. 217) :
3. Presque tous les jeunes criminels qui, ces derniers mois, ont comparu devant le jury de la Seine étaient des drogués.
MAURIAC, Journal 1, 1934, p. 8.
Rem. Dans la lang. parlée fam. ou chez les écrivains qui l'imitent, des est souvent employé pour de, parfois avec la nuance de certains. Pourquoi des jeunes compositeurs se détournaient de Beethoven (BLOCH, Dest. du S., 1931, p. 16). En partic. dans une énumération :
4. Il eut des danseuses qui le tutoyèrent, des bourgeoises qui lui dirent, mon prince; des grandes dames qui voulaient pécher sans déchoir.
PÉLADAN, Le Vice suprême, 1884, p. 40.
b) [Quand il s'agit de parties du corps, l'indéf. peut remplacer l'adj. possessif normalement attendu, mais évité pour exprimer la catégorie au détriment de l'appartenance] Elle reporta du côté de Trophime de beaux yeux noirs baignés de toutes les ondes du ciel (MAURRAS, Chemin Paradis, 1894, p. 118).
B.— Emploi emphatique, fam. [Avec une nuance de quantité importante, quoique indéf.]
1. [Le subst. désigne une chose dont la quantité dépasse la norme; il se dégage du contexte une nuance d'impatience ou d'étonnement] Durant des heures, de longues heures. Il avalait des litres d'eau (LAUTRÉAM., Chants Maldoror, 1869, p. 207). Des fatigues de tête, (...) qui se prolongeaient des jours, des semaines, des mois (GIDE, Si le grain, 1924, p. 429).
a) [L'emphase peut être renforcée par la répétition] Elle prierait des années et des années en songeant à moi (ERCKM. CHATR., Conscrit 1813, 1864, p. 130).
b) [Le subst. peut être remplacé par une proposition rapportée au style dir.] [Brandès] nous jetait des : Madame dit..., à mourir de rire par leur indignation (GONCOURT, Journal, 1896, p. 1004).
2. [Exprimant la même nuance, le subst. est précédé d'un nombre indiquant une quantité relativement importante]
a) [Le subst. est gén. au plur.] Travailler des quinze, seize heures par jour. On lui rendait des dix francs et des quinze francs (ZOLA, Joie de vivre, 1884, p. 902) :
5. ... j'ai vu des gueux pareils, qui ressemblaient à de vieux juifs jaunes et décrépits, arrêter des dix, quinze, vingt soldats, et les emmener comme des moutons!
ERCKMANN-CHATRIAN, Le Conscrit de 1813, 1864, p. 214.
b) Très fam. [Le subst. est au sing.] Il y a des endroits où vous avez jusqu'à des un mètre, un mètre cinquante d'eau (ROMAINS, Hommes bonne vol., t. VII p. 164 ds ROB.).
Rem. 1. Dans les cas énumérés de B 2, des ne peut jamais être remplacé par de. 2. C'est ce des que l'on rencontre dans la loc. bien des + plur. Bien des choses de ma part. Annonciateur de bien des dieux de demain, Romain Rolland (...) nous annonce aujourd'hui la découverte d'une nouvelle nappe souterraine, l'océan mystique de l'Inde moderne (BLOCH, Dest. du S., 1931, p. 157). 3. Dans des fois, des a pris dans la lang. pop. la valeur distributive de parfois. Des fois il gelait, des fois il faisait chaud (ZOLA, Germinal, 1885, p. 1382).
3. Pop. Des suivi d'une loc. substantivée et prenant de ce fait une valeur de pronom indéf. exprimant une catégorie. Synon. certains, certaines personnes. Je ne voudrais pas te voir comme des que nous connaissons, qui ne demandent qu'à balocher (La Petite lune, 1878-79, n° 2, p. 2). T'en connais beaucoup, des comme elle? (M. STÉPHANE, Ceux du Trimard, 1928, p. 120).
II.— [Devant des noms propres de personnes]
A.— P. méton. [Pour marquer un nombre indéf. d'exemplaires d'œuvres d'un artiste] Des Corot, des Rembrandt, des Picasso. Aux murs, des Picasso de la période rose (MALRAUX, Cond. hum., 1933, p. 257).
B.— [Pour marquer la caractérisation]
[Sert à désigner un nombre indéf. d'individus appartenant à une famille ou à une collectivité] Des Bourbons :
6. — Allez-vous rentrer dans vos tanières, vauriens! — De la tenue, ma chère, de la tenue! répète sans arrêt M. Rezeau. Les cris n'avancent à rien. Nous sommes des Rezeau, que diable!
H. BAZIN, Vipère au poing, 1948, p. 196.
P. anal. [Le nom qui suit exprime un « type », un personnage incarnant un caractère ou un genre] Vous tombez au pessimisme... Oui, c'est la maladie de la fin du siècle, vous êtes des Werther retournés (ZOLA, Joie de vivre, 1884, p. 993). La France formait des Renoir, des Pascal, des Pasteur (SAINT-EXUP., Pilote guerre, 1942, p. 367).
Prononc. et Orth. :[de]. La prononc. [] n'est plus le fait que de professeurs de diction (surtout du XVIIIe et du XIXe s.) pour lesquels la prononc. en [] ouvert sert à distinguer des homon. du type des agréments/désagrément, des espoirs/désespoir (cf. BUBEN 1935, § 4). FÉR. 1768 condamne comme fautive la prononc. [] avec [] muet devant voyelle : des amis []. Il s'agit d'une tendance répandue du XVIIe au XVIIIe s. (cf. BUBEN, loc. cit.). En ce qui concerne la liaison, on la fait devant voyelle y compris devant le nom d'une voyelle : des‿arbres, des‿i, et devant h non aspiré d'orig. lat. : des‿hameçons, des‿hiéroglyphes, des‿hiatus, mais non devant consonne : des/lys, ni devant h aspiré germ. : des/héros, des/haches, des/hallebardes, etc. On ne la fait pas non plus devant uhlans : des/uhlans qui s'écrivait avec h, ni devant l'exclam. ah! : des/ah! d'admiration dans laquelle il s'agit d'une voyelle subséquente sur laquelle on attire l'attention (cf. FOUCHÉ Prononc. 1959, pp. 339-340). Admis ds Ac. 1694-1932. Homon. d (lettre), dé. Étymol. et Hist. Ca 1150 (Thèbes, éd. G. Raynaud de Lage, 2202 : Si li tendoit des blanches flors). Art. partitif des, formé de de + les. Fréq. abs. littér. :799 818. Fréq. rel. littér. :XIXe s. : a) 1 191 687, b) 1 155 698; XXe s. : a) 1 167 926, b) 1 063 000. Bbg. LE BIDOIS (R.). Au secours du bon lang... Vie Lang. 1955, pp. 268-269.

1. des [de] art.
ÉTYM. De de, prép., et les, art. déf. au pluriel.
Article défini pl. contracté : de les. || Revenir des États-Unis. 1. De.
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2. des [de] art.
ÉTYM. De de, article, et les.
Article partitif exprimant une partie d'une chose désignée par un nom pluriel. || Manger des pâtes, des épinards. 2. De.
————————
3. des [de] art. indéf.
ÉTYM. V. 1150; des précédents, a remplacé uns, unes.
Article indéfini, pluriel de un, une. Un.
1 Devant un nom commun. || Un livre, des livres. || Une personne aimable, des personnes aimables. || Des hommes très beaux.
1 (…) vous n'avez pas ici un repas fort savant, et vous y trouverez des incongruités de bonne chère, et des barbarismes de bon goût.
Molière, le Bourgeois gentilhomme, IV, 1.
2 Il y en avait (des chiens) de toutes les formes, de toutes les origines, des grands et des petits, des blancs et des noirs, des rouges, des fauves, des bleus, des gris.
Octave Mirbeau, Dingo, III.
3 À l'extrémité de la route apparaissent des ambulanciers, qui portent des blessés couchés sur des civières.
Malraux, les Conquérants, II, in Romans, Pl., p. 87.
REM. Des peut être en concurrence avec de : des hommes très beaux / de très beaux hommes; il y en avait des grands / de grands.
2 Devant un nom propre (qui prend la valeur d'un genre). || Nos voisins sont des Harpagon(s).
4 Quand un pays a eu des Jeanne d'Arc et des Napoléon, il peut être considéré comme un sol miraculeux.
Maupassant, Sur l'eau, p. 181.
Il a des Gauguin sur ses murs, des tableaux de Gauguin.
3 Fam. Devant un nom de nombre (même devant un), avec une valeur emphatique. || Il soulève des cinquante kilos comme un rien. || Se coucher à des une heure du matin.
5 (…) les premiers hommes (…) remplissaient des neuf cents ans par leur vie (…)
Bossuet, Oraison funèbre de Mme Yolande de Monterby, t. XII.
6 Il y a des endroits où vous avez jusqu'à des un mètre, un mètre cinquante d'eau.
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. VII, p 164.
7 (L'article) exprime la surprise, l'envie, l'admiration, dans des locutions comme : Elle gagne des dix francs par jour et elle se plaint ! Au contraire : elle s'absentait des cinq et six jours de suite contient une désapprobation très nette.
Le tour était déjà classique : Comme ils voulaient y gagner, ils attendaient des quatre et cinq ans que la vente fût bonne (Sév., lett. 722).
Brunot, la Pensée et la Langue, IV, XIII, IV, p. 584 et note.
REM. 1. De remplace généralement des devant un adjectif. Il s'élide en d' devant une voyelle ou un h muet. D'innombrables exemples.
8 Au XVIIe siècle, Malherbe et Maupas estimaient qu'on devait dire de, quand le nom est précédé d'un adjectif, et Vaugelas considérait cette règle comme essentielle : il y a d'excellents hommes; il y a des hommes excellents (…) C'était là probablement une des règles de rigueur dans la bonne compagnie. Mais il s'en faut bien qu'elle fût appliquée par ceux qui écrivaient; on trouve souvent alors de, et non des, devant le substantif (…) Inversement des se rencontre devant un adjectif.
En langue moderne la règle a été maintenue, sauf quelques cas particuliers.
Brunot, la Pensée et la Langue, I, IV, VI, p. 112.
9 Un adolescent examinait comme des graines, de gros clous à tête large (…)
Malraux, la Condition humaine, II, in Romans, Pl., p. 228.
10 Le Russe mangeait des petits bonbons au sucre (…)
Malraux, la Condition humaine, I, in Romans, Pl., p. 173.
2. On maintient des devant un adjectif faisant corps avec le mot. Des grands-pères. Des fines herbes. Des petits esprits.
3. Si l'adjectif est seul, et le nom représenté par en, on met facultativement des ou de.
11 Les terres de ce petit royaume n'étaient pas de même nature : il y en avait d'arides et de montagneuses (…)
Montesquieu, Lettres persanes, XI.
4 Fam. Par ellipse du nom. || Il y en a des qui…
12 (…) vous savez, papa, il n'est pas tellement ce qu'il a l'air. Il serait peut-être plus porté que bien des que je connais.
M. Aymé, la Vouivre, p. 102.
DÉR. Desquels, desquelles.
HOM. D, dé.
————————
2. de [də], du [dy] (pour de le), de la [dəla], des [de] (pour de les) art. dit « partitif ».
ÉTYM. XIIIe; de la prép. de associée, dans certains cas, à l'article défini. REM. Phonét. : Voir ci-dessus, 1. De.
Article précédant les noms de choses qu'on ne peut compter.
1 Devant un nom concret. || Manger du pain. || Manger des épinards. || Fumer du tabac blond. || Consommer de la bière. || Filer de la laine. || Couper du bois.
1 Buvant de l'eau dans un vieux pot à bière (…)
Voltaire, le Pauvre Diable.
REM. Ne pas confondre : manger des épinards et manger des gâteaux (art. indéfini. → Des, III.). — Cependant, dans l'expression manger des gâteaux que j'ai apportés, des représente l'article partitif.
2 Devant un nom concret nombrable auquel on donne la valeur d'une espèce. || Manger du lapin. || Pêcher de la sardine. || Il y a de la fraise dans ce bois. || On trouve en lui du collégien.
2 (…) dans tous les cœurs il est toujours de l'homme.
Molière, le Misanthrope, V, 4.
3 Dans tout ancien professeur, il y a de l'apôtre.
Paul Bourget, le Tribun, p. 32.
Fam. (devant des noms désignant des personnes réelles) :
3.1 (…) on n'avait pas une clientèle bien passionnante, du boutiquier du quartier, de l'employé, du facteur, pas grand'chose d'intéressant (…)
R. Queneau, Loin de Rueil, p. 217.
3 Devant un nom abstrait. || Éprouver de la répulsion. || Avoir du courage. || Faire de la publicité. || Faire de la moto, du vélo. || Jouer de la musique, et, par ext., jouer du Rameau. || C'est du Valéry.Avoir bien de la chance, bien des déceptions.(Avec en; fam.) || Il en a, des remords. || Tu en as perdu du temps.
4 Il n'y a là que de la musique écrite ?
Molière, le Malade imaginaire, II, 5.
5 Nul n'aura de l'esprit hors nous et nos amis (…)
Molière, les Femmes savantes, III, 2.
6 (…) je (…) n'aurai de l'attachement que pour vous.
Molière, George Dandin, III, 6.
REM. À la forme négative, l'article est omis et seule la préposition reste. || Ne pas manger de (du) pain. || Ne pas avoir de (de la) conscience. || Elle n'a pas perdu de temps. || Vous n'avez pas d'excuses. || Il n'a pas pris de précautions.
4 Vx. || De, devant un adj., remplaçant du, de la, des. || Manger de bonne soupe (ne pas confondre avec de venant de des, article indéfini. → Des). Mod. || Manger de la bonne soupe. Dans des expressions proverbiales figées. || Faites-moi de bonne politique, je vous ferai de bonne finance.
7 (…) il faut manger de bon gros bœuf, de bon gros porc, de bon fromage de Hollande (…)
Molière, le Malade imaginaire, III, 10.
8 J'ai le plus grand plaisir, dit-il, à jouer de bonne musique.
G. Duhamel, la Musique consolatrice, p. 82.
9 (…) de la bonne encre et du bon papier (…)
Gide, Journal, 4 juin 1949.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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